Comment-on-fait

On a remplacé Granola et Wispr Flow par une app maison (l'économie n'est pas la raison)

L’avantage n°1 d’avoir coupé nos deux abonnements n’est pas l’économie.

Je le dis tout de suite parce que c’est ce qu’on attend d’un article pareil : le tableau « avant 40 €/mois, après 3 € ». On l’aura, plus bas.

Mais ce n’est pas pour ça qu’on l’a fait.

On l’a fait parce qu’aujourd’hui, quand je sors d’une réunion, la documentation de ma boîte se met à jour sans que je touche à rien.

Le vrai problème n’était pas le prix

On utilisait deux outils, très bons tous les deux :

  • Granola pour les notes de réunion — il écoute, il transcrit, il résume.
  • Wispr Flow pour la dictée — tu maintiens une touche, tu parles, le texte s’écrit.

Aucun reproche à leur faire. Ils font leur travail 💯

Le problème arrivait après.

La réunion se termine. Le résumé est propre. Et là, je fais quoi ?

J’ouvre l’app. Je copie le résumé. Je crée un fichier. Je le nomme correctement. Je le range dans le dossier du bon client. Je vérifie que les noms propres ne sont pas massacrés (« Saci » écrit « Sassi », ça arrive à chaque fois).

Trois minutes. Par réunion.

Trois minutes qui ne servent à rien, sauf à déplacer une information d’un endroit vers l’endroit où elle aurait dû être dès le départ.

C’est ça, le goulot d’étranglement. Pas les 20 balles par mois.

Ce qu’un SaaS ne peut structurellement pas faire pour vous

Voilà le truc que j’ai mis du temps à formuler.

Granola ne connaît pas mon système.

Il ne sait pas que j’ai un dossier par client. Il ne sait pas que cette réunion-là concerne un dossier en cours. Il ne sait pas comment je nomme mes fichiers, ni où vit la vérité chez moi.

Et il ne peut pas le savoir. Ce n’est pas un défaut du produit : c’est sa nature. Un SaaS est fait pour 100 000 clients, donc il range chez lui, dans sa structure à lui.

Résultat : la donnée atterrit dans son silo, et c’est vous le pont entre les deux. Vous êtes la glu.

Multipliez par le nombre d’outils. C’est comme ça qu’on se retrouve avec quatre endroits où l’information existe, et aucun où elle fait autorité.

Une app interne, elle, connaît votre système. Parce que c’est vous qui l’avez écrite.

Ce qu’on a construit, concrètement

Une seule app, dans la barre de menus du Mac. Deux usages.

1° Les réunions. Elle lit mon agenda. Quand une réunion démarre, elle me propose : « aller au call » ou « call + enregistrer ». Elle capte l’audio système et le micro. À la fin : transcription, résumé, et la note qui s’écrit toute seule ici :

atlas/captures/meetings/2026-08-11-1205-prenom-nom.md

Datée. Nommée avec l’interlocuteur. Rangée. L’audio à côté. Zéro action de ma part.

2° La dictée. Je maintiens la touche 🌐 Fn, je parle, je relâche. Le texte s’écrit là où est mon curseur — dans un mail, dans Slack, dans un terminal, dans cet article.

Sous le capot, c’est simple :

  • le micro enregistre pendant que la touche est maintenue ;
  • l’audio part en transcription (modèle rapide) ;
  • un second modèle nettoie : les « euh » sautent, la ponctuation se pose ;
  • le texte est collé, et mon presse-papier est restauré derrière.

Une à deux secondes après avoir relâché la touche.

Le détail qui change tout : elle parle notre langue

C’est la partie que je n’avais pas anticipée, et c’est devenue ma préférée.

L’app a un fichier de vocabulaire. Nos noms de clients, nos outils, nos projets, les prénoms de l’équipe.

Ce vocabulaire sert deux fois : il oriente la transcription, puis il sert de glossaire au nettoyage.

Concrètement, quand je dis « ClicEtBim », ça s’écrit ClicEtBim. Pas « clique et bim ».

Un mot ressort mal orthographié ? Je l’ajoute à la liste. C’est réglé pour toujours, en dix secondes.

Aucun outil générique ne fera ça, parce qu’aucun outil générique ne connaît le nom de vos clients 🤷

Et là, le truc qu’aucun abonnement ne vend

Parce que la note atterrit au bon endroit, il se passe quelque chose derrière.

Elle est relue par notre IA. Et ce qui s’est dit en réunion va mettre à jour l’entreprise.

Concrètement, en fin de journée :

  • la fiche du client se met à jour avec ce qu’on a appris sur lui ;
  • la personne rencontrée gagne une ligne dans sa fiche : son rôle, ce qui l’intéresse, ce qu’elle a demandé ;
  • le projet concerné avance : la décision prise en réunion devient une décision écrite, au bon endroit ;
  • la documentation interne absorbe le reste.

Sans que je retape quoi que ce soit.

Avec une règle de sécurité au passage : une information issue d’une vieille réunion n’écrase jamais une information plus récente. Sinon on reconstruit le problème qu’on essayait de résoudre 😅

Voilà la vraie bascule, et elle tient en une phrase :

Granola me donnait un résumé. Notre app met à jour notre système.

Un résumé, ça se lit une fois et ça meurt dans un dossier. Une documentation qui se met à jour toute seule à partir de ce qui se dit en réunion, c’est un actif qui grossit chaque semaine.

Aucun SaaS ne peut vous vendre ça — pas parce qu’il est mauvais, mais parce que ça suppose de connaître votre entreprise, vos clients, vos projets et votre façon de les ranger.

Combien ça coûte vraiment

Soyons honnêtes sur les deux colonnes.

Avant — deux abonnements, facturés par utilisateur (tarifs publics relevés en août 2026) :

  • Granola, premier plan payant : 14 $ par utilisateur et par mois
  • Wispr Flow Pro : 12 $ par utilisateur et par mois en annuel, 15 $ en mensuel

Une trentaine de dollars par mois et par personne. Multipliez par une équipe.

Après — aucun abonnement. On paie les API à l’usage, avec nos propres clés :

  • une dictée nettoyée revient à l’ordre du dixième de centime ;
  • une réunion d’une heure, transcrite et résumée, coûte moins de dix centimes (quelques centimes de transcription, le reste pour le résumé).

Pour situer : le modèle qu’on utilise pour nettoyer les dictées est facturé 1 $ le million de mots-machine en entrée. Une dictée en consomme quelques centaines.

Je ne vais pas vous donner un total mensuel : l’app tourne depuis trop peu de temps pour que le chiffre soit honnête. Je le publierai quand j’aurai une facture complète. L’ordre de grandeur, lui, est sans ambiguïté — on est passés de dizaines de dollars fixes à quelques euros variables.

Et ce basculement compte plus que le montant : un abonnement se paie même les mois où on ne s’en sert pas. L’usage, non.

Le coût réel, c’est le build. Une session de travail pour la partie réunion.

Et pour la dictée ? Douze minutes. Deux échanges avec l’IA.

Je donne les horaires, parce que je les ai regardés après coup et que ça m’a fait rire : premier fichier de code écrit à 11h20, application compilée, installée et fonctionnelle à 11h28.

Ce qui a pris le plus de temps ensuite, ce ne sont pas les développements. Ce sont les autorisations macOS — cocher les bonnes cases dans les réglages de sécurité, redémarrer l’app, recommencer. Le code était fini bien avant que le système d’exploitation accepte de nous laisser faire 😅

Maintenant, la partie honnête, celle que les articles sur l’IA oublient toujours : douze minutes, c’est possible uniquement parce que tout était déjà branché.

L’enregistrement micro, la conversion audio, les appels aux modèles, la gestion des clés API, la signature de l’application : tout existait depuis la partie réunion. Il ne restait qu’à brancher un raccourci clavier et un collage.

Le même besoin sur une page blanche, ce n’est pas douze minutes.

Ce n’est donc pas de la magie, c’est de la composition. Chaque brique posée rend la suivante moins chère. On a construit l’outil de réunion, on s’est rendu compte qu’il contenait déjà 90 % de l’outil de dictée, et on a résilié un deuxième abonnement.

C’est exactement l’argument qu’on sert à nos clients depuis des années sur leurs outils métier : le premier chantier paraît cher, le troisième est presque gratuit.

Quand il ne faut PAS faire ça

La partie que personne n’écrit, et qui est pourtant la plus utile.

N’internalisez pas si :

  • Personne chez vous ne peut maintenir le code. Une app interne sans personne pour la rattraper, c’est une dette qui attend son moment. Un abonnement, au moins, se résilie.
  • L’outil du marché fait déjà atterrir la donnée au bon endroit. Si votre SaaS s’intègre déjà proprement à votre système, le sujet n’existe pas. Payez et passez à autre chose.
  • Le besoin bouge tous les mois. Un produit financé par 100 000 clients suivra le rythme mieux que vous.
  • C’est votre cœur de métier. Là, la question n’est plus « acheter ou construire », c’est un choix stratégique — et il ne se tranche pas dans un article de blog.

Notre cas cochait l’inverse : besoin stable, système de fichiers très structuré, et quelqu’un en interne capable d’ouvrir le capot.

Ce que je retiens

Le réflexe habituel, c’est de chercher l’app qui fait la chose.

Le bon réflexe, c’est de regarder où la donnée doit finir, et de choisir l’outil qui l’y dépose sans que personne n’ait à la recopier.

Souvent c’est un SaaS. Parfois, quand votre système est trop spécifique pour rentrer dans une case, c’est cinquante lignes de code que personne d’autre n’écrira à votre place.

Nos notes de réunion arrivent rangées. Nos dictées s’écrivent avec le bon nom de client. Il n’y a plus de « travail d’après ».

Et surtout : ce qu’on dit à voix haute pendant une réunion finit dans la documentation de l’entreprise, tout seul.

Et Bim. 🕺


Chez EtBim, on construit ce genre d’outils pour des PME qui ont un système bien à elles et aucun SaaS pour rentrer dedans. Si vous passez vos journées à recopier de l’information d’un outil vers un autre, parlons-en.


Vous avez un Excel qui ressemble à ce qu'on raconte ici ?

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